Le cygne noir numéro 1 >> Intentions 1
LA LETTRE DE LOESS. N° 4. par André Murcie.
LA LETTRE DE LOESS. N° 4.
Juin 2008. 2 €.
23 Chemin de fin de siècle. 34 300 LE GRAU D'AGDE.
JEAN-PIERRE ROQUE. LUC-OLIVIER D'ALGANGE. DANIEL GIRAUD. CANNELLE OFFMAN. MARIE-JO MOLINIER. GARY RENARD. XAVIER BORDES. MAISONSEUL.
Une page A3 recto / verso. Mon oeil ! C'est le cas de le dire avec ce dessin de Maisonseul circonscrit dans le hublot central qui appelle l'affichage. Deux fois de suite qu'ils sont obligés de rajouter une A4 Supplément. Parions que La lettre de Loess ne tardera pas à grossir. Nous jugeons comme un signe annonciateur ce clin d'oeil répété à la revue mère Loess, qui fut dans les années quatre-vingt une des livraisons littéraires les plus originales de la décennie. Vous pouvez relire les anciens numéros, ils n'ont pas vieilli d'une lettre, Jean-Pierre Roque a du flair.
Mais au lieu de vaticiner sur la future prise d'embonpoint de La lettre de Loess, lisons-là. Une bonne surprise : un extrait du dernier livre de Daniel Giraud. Plus que d'une énième traduction de L'Ecclésiaste, il s'agit d'une relecture très a-typique de ce livre célèbre. Ne me parlez pas de la fidélité au texte original. Toute traduction n'est pas une trahison, mais une réappropriation. La Bible relue en tant que traversée du nihilisme. L'on a dû hurler dans les milieux religieux. Tenter de transformer le texte trois fois pieux en pamphlet nietzschéen, seul un esprit comme Daniel Giraud pouvait se le permettre ! Achetez la plaquette, la présentation vaut son pesant d'or à elle toute seule.
Nous n'en dirons pas autant des citations de Gary Renard. Dieu me pardonne, mais l'amour n'est pas une des deux seules émotions dont je sois capable. Que diable, dieu serait-il pédéraste ? Je commence à trouver suspecte l'attention dont ce suprême personnage m'entoure. Dieu n'est qu'un miroir cassé dans lequel le narcissisme humain s'auto-contemple à satiété. Cette complaisance consensuelle des croyants est somme toute puérile.
Que Gary Renard prenne le temps de méditer l'article de Luc-Olivier d'Algange sur le dernier roman de Jean Parvulesco. Qu'il y apprenne à devenir le « chasseur subtil » qui lâche la proie de dieu pour l'ombre du songe de dieu. Mais nous avons déjà consacré dans le numéro zéro du Cygne noir deux articles à cette superbe et essentielle somme apocalyptique qu'est Dans la forêt de Fontainebleau.
La Lettre de Loess explore cette différence ontologique qui sépare toute métaphysique de toute croyance. Un abîme git entre ces deux postulations, pour emprunter un terme baudelairien que nous n'aimons pas. La note sur l'art métaphysique de Luc-Olivier d'Algange explique clairement que toute certitude est une croyance alors que toute métaphysique est une expérience. Phénoménologique dirait Husserl.
Nous finissons en beauté avec la suite des notes de Xavier Bordes sur Gustav Mahler. Que le public ignora pendant très longtemps. Trop longtemps. Je préfère me taire, je suis un béotien qui n'écoute que Wagner et Little Richard. Bref un très mauvais exemple à ne pas suivre pour la jeune Cannelle Offman qui nous offre un beau poème du haut de la royauté de ses neuf ans. Relève assurée.
LA LETTRE DE LOESS. N° 4.