Le cygne noir numéro 1 >> Intentions 1
MITSOU. HISTOIRE D'UN PERTIT CHAT. RILKE - BALTHUS. par André Murcie.
Préface de MARC DE LAUNAY.
112 p. RIVAGE POCHE. PETITE BIBLIOTHEQUE. Décembre 2007.
C'est minuscule comme un chaton qui vient de naître. Votre main l'engloutit et la poche révolver de votre pantalon l'absorbe sans s'en apercevoir. Oui mais tout ce qui vient de Rainer Maria Rilke nous est précieux. Et ici d'autant plus cher à notre coeur que ces quelques pages de Rilke furent écrites en les fiévreuses époque d'attente des Elégies de Duino, l'oeuvre maîtresse de la poésie du vingtième siècle. En plus le félidé Mitsou ne nous empêchera point de pousser un cocorico des plus retentissants puisque la préface de Rilke aux dessins de Balthus fut le premier texte en notre national idiome que le poëte s'autorisa de publier.
A cette époque Balthus n'était qu'un tout jeune garçon, un tout petit garçon, ajouterions-nous en feuilletant la naïveté de ses quarante dessins qui relatent les quelques mois que l'enfant passa en compagnie de son chat trouvé, adopté, cajolé, et bientôt disparu à tout jamais. Il est sûr que le mini-format de la collection n'aide en rien à l'épanouissement de cette oeuvrette de gamin. Malgré une certaine finesse le trait reste empâté d'une gaucherie et d'une mièvrerie insupportables. Fallait-il que Rilke fut un grand poëte pour deviner l'immense artiste en gestation que ce mineau de onze ans allait devenir !
A moins que la philadelphe affection qui liait Rilke à la fameuse Merline de sa correspondance, mère de Balthus, n'ait précipité outre mesure l'attention du poëte sur cet enfant déjà précoce ! Pour notre part nous nous en remettrons à la prescience du génie !
Toutefois puisqu'en sa préface Rilke en vient à décréter que les chats n'existent point, nous pouvons nous interroger sur la représentation graphique de quelque chose qui ne serait point...
Pour les besoins de la cause, l'on a cru bon d'honorer la dizaine de missives de Rilke à Balthus, un tantinet rituelles et répétitives, de l'impossible titre de Lettres à un jeune peintre. La ficelle est un peu grosse... Enfin que ne pardonnerait-on pas à Rilke ! Même les facéties de ses éditeurs et ayant-droits post-mortem.
Excusez-nous d'être un peu iconoclaste mais pour ce qu'il nous en paraît, le plus rilkéen du volume, se sera réfugié dans l'intelligente préface de Marc de Launay. Mais jusqu'où un chat facétieux n'irait-il pas fourrer son Muzot !
MITSOU. HISTOIRE D'UN PETIT CHAT. RILKE BALTHUS.