Le cygne noir numéro 1 >> Intentions 1
LA LETTRE DE LOESS. N° 3. par André Murcie.
Poésie et Présence.
2 €. Mai 2008. 2 3 Chemin de Fin de Siècle. 34 300 LE GRAU D'AGDE.
JEAN-PIERRE ROQUE. JEAN-RENE HUGUENIN. ANNE-MARIE BERNARD. LEE CARROLL. LUC-OLIVIER D'ALGANGE. XAVIER BORDES. MAURICE ZUNDEL.
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SUPPLEMENT A4 : ET QUE LA GRÄCE SOIT. Apophtegmes en toute liberté. ( Extraits ) : JEAN-PIERRE ROQUE.
Grain après grain, La Lettre de Loess amasse son limon fertile. Certes de cette feuille de combat à placarder, à photocopier et à faire circuler émane un spiritualisme diffus qui est assez éloigné de nos exigences métaphysiques. Que le Dieu soit trop grand pour toutes les religions maigrichonnement cléricales nous en sommes d'autant plus convaincu que la conceptualisation, pour ne pas dire la fabrication, d'un tel dieu ne nous préoccupe guère. Nous sommes contre tous les cagots refermés sur la certitude de leur dieu unique, non pas parce qu'ils sont enkistés sur leur personnelles sécrétions internes mais parce que nous exigeons que l'homme soit en-dehors de toute révélation externelle.
Lee Carroll peut dénoncer tous les papes et tous les mollahs de la terre, nous ne croyons pas plus en eux qu'en cette prétendue et impalpable Présence immanente censée révéler la vacuité de tous les prophètes autoproclamés. Le New Age n'est qu'un avatar du christianisme, l'encadré de Maurice Zundel en apporte la preuve éclatante. Si l'on doit s'évacuer de soi pour entrer en le Divin, mieux vaut rester en notre cerveau et façonner nos petites idoles à notre propre image. Ce n'est pas que nous ayons une très haute opinion de l'espèce humaine ou de notre immodeste personne, mais notre fierté nous pousse à ne nous soumettre à aucun maître, aucun dieu, qui par nature nous serait supérieur... Si par malheur nous devrions fonder un jour une moraline, cette exigence en serait le premier principe. Le premier intérêt de l'individu consiste à ne jamais forger les chaînes mentales de son propre esclavage. Il n'y a pas de maîtres, seulement des maîtres que l'on se donne quand l'on a déjà renoncé à être son propre maître.
Xavier Bordes nous parle de Leos Janacek et de sa Messe Galgolithique. Il est des titres d'oeuvres lourdement significatifs ! Partir du folklore pour replonger dans la liturgie musicale est-ce là le signe d'une authentique aventure ? Nous ne connaissons de Janacek que les grandes fresques descriptives que nous y avions décelées jusqu'à ce jour. Mais il nous faudrait une écoute complémentaire, que nous ne sommes pas prêts à lui accorder en ces jours où l'esprit de Bo Diddley rampe autour de nous en ces inimitables feulements de jungle sound.
Un bel article de Luc-Olivier d'Algange sur Jean-René Huguenin en lequel nous n'avons glissé un oeil depuis au moins trente ans. Voici un Huguenin très d'algangien qui nous agrée d'autant plus qu'il en appelle à Léon Bloy et Villiers de l'Isle Adam. Il est sûr qu'entre hussard et mousquetaires il existe plusieurs terrains d'entente possible !
Une soixantaine d'aphorismes de Jean-Pierre Roque, constituent le Supplément au N° 3. Tous imprégnés de cette vision spirituelle post-christique que nous avons quelque peu malmenée au haut de cette chronique. Nous ne changerons point d'avis, si ce n'est que le travail de Jean-Pierre Roque de par sa multipolarisation d'angles d'attaques, comme autant de coups de rabots destinés à faire sauter les écorces mortes de nos représentations, entame l'aubier de toute presence. A les relire à plusieurs fois l'on acquiert la conviction que Jean-Pierre Roque, copeau après copeau, se rapproche d'un chemin de pensée très parménidien. Nous pourrions le problématiser d'une façon très simple : ce qui est , est – ce qui est, n'est pas – ce qui n'est pas, est - ce qui n'est pas, n'est pas.
Jean-Pierre Roque pose le concept, emploie l'expression, de transparence divine. Faut-il l'entendre comme une transposition de la lumière ou comme l'évocation de la notion d'infini grec ? Dans un cas comme dans l'autre se pose le problème des bornes de l'univers. Si la lumière se réfléchit pour prendre conscience d'elle-même, n'est-ce pas la preuve de la finitude divine ? Si tout est relatif la notion de relativité est elle-même relative. En d'autres termes l'absolu n'est qu'une partie du relatif. Ping pong métaphysique entre soi et monde. Notre planète sub-lunaire sert de balle. Balle au centre la partie est loin d'être achevée. Mais qui tient l'autre raquette ?
Plusieurs années que Jean-Pierre Roque nous distille avec une cruelle parcimonie ses apophtegmes, il est temps que tous ces électrons libres soient soigneusement rangés dans un petit livre. Même s'ils doivent s'échapper et causer quelques incursifs dégâts discursifs dans la tête des lecteurs qui auront la présence d'esprit de l'ouvrir.
LA LETTRE DE LOESS. N° 3.
REVUE DE COMBAT COMME NOUS LES AIMONS A PHOCOPIER, A AFFICHER, A FAIRE CIRCULER.