Le cygne noir numéro 1 >> Intentions 1
SERVICE LITTERAIRE. N° 8. MAI 2008. par André Murcie.
Le Mensuel de l'Actualté Romanesque.
Distribué en kiosque.
27 rue de Martignac. 75 007 PARIS.
Http://www.servicelitteraire.fr
BRUNO DE CESSOLE. FRANCOIS CEREZA. POL VANDROMME. EMMANUELLE DE BOYSSON. GILLES MARTIN-CHAUFFIER. VINCENT LANDEL. SIMONE BERNARD-DUPRE. BERNARD MORLINO. ERIC NEUHOFF. JACQUES ABOUCAYA. PHULIPPE COLIN-OLIVIER. CHRISTIAN MILLAU. CHRISTIAN LABORDE. FRANCOIS BOTT. BERNARD MORLINE. FREDERIC ROUX. DOMINIQUE DYENS. FREDERIC VITOUX. VLADIMIR FEDOROVSKI.
Un mensuel littéraire, diable il faut avoir du courage ! Après huit mois d'existence il n'est même pas encore arrivé dans les kiosques provinois ! Quatre vingts kilomètres de Paris, ce n'est pourtant pas le bout du monde. Je l'ai déniché au haut d'un présentoir gare le l'Est, attiré par son élégante manchette surlignée de rouge. En fait ce serait plutôt blanc huppé haut du panier. Je le dis pour les imbéciles qui lisent et jugent en fonction de la couleur politique des participants. Comme si le talent était résolument de droite ou de gauche !
Service Littéraire pencherait plutôt à droite. L'on penche toujours du côté où l'on va tomber, mais ce n'est pas le plus grave. L'insupportable dans Service Littéraire c'est son parisianisme. Le principe adopté est d'une simplicité extrême : dire du mal de toutes les baudruches littéraires qui cachent leur tête dans l'inanité de leur propre convenance. A un tel projet, des plus louables, un tirage de cinq cents pages hebdomadaires conviendrait mieux, mais Service Littéraire n'en demande pas tant. Service Littéraire veut bien déglinguer mais pas se flinguer !
Service Littéraire pratique non pas la chasse à vue, mais en vue. A quoi bon monopoliser la une pour descendre le dernier livre Jonathan Littell ? Tout le monde le sait très bien : cet ouvrage ne peut s'inscrire que dans une et nauséabonde stratégie éditoriale de carressage du public dans le sens du poil identique au formatage hyper politiquement correct des premières euménides. Oui mais Service Littéraire espère bien surfer sur la vague du phénoménal succés... Car si Littell vend, Littell fait aussi vendre.
Bref, Service Littéraire fait la fine bouche pour mieux ronger l'os de la renommée qu'il convoite. Ce n'est pas l'exergue « Le journal des écrivains fait par des écrivains » qui annihilera nos préventions. Rosserie et flatterie sont les deux mammelles de l'entregent littéraire ! Jalousie, je te tiens et tu me tiens par la barbichette. Service Littéraire joue gagnant / gagnant sur les deux tableaux. D'abord je suis partie intégrante du système sur lequel je crache à longueur de colonnes, ensuite je construis un outil de pression qui me permettra de prendre de plus en plus de pouvoir éditorial au sein de ce même système.
Tous les coups sont permis. Surtout les plus bas, sur ceux qui ne peuvent plus se défendre. Ainsi ce n'est pas très Bott, de savater le cadavre de Rémy de Gourmont juste pour le plaisir de passer pour un esprit fort ! Il n'y a pas de hasard, sur la même page, l'on profite de la recension des nouveautés en livres poche pour régler son compte au Julien de Gore Vidal ! Sévice littéraire a encore frappé !
Dans la série l'on n'est jamais mieux servi que par soi-même, Service Littéraire assure le service autopromotionnel de l'intellingentsia journalistique parisienne. Quant à la nécessité littéraire de la chose, nous ne l'avons point trouvée.
SERVICE LITTERAIRE. N° 8.
Revue distribuée en kiosque et par abonnement.